Partage facebook Partage whatsapp
Paramètrer les cookies Picto cookies
Partager sur les réseaux sociaux Picto réseaux sociaux
Remonter en haut de la page
À LA UNE

Harcèlement scolaire : l'identifier pour mieux le combattre

Date de publication
Publié le 8 novembre 2022
Temps de lecture : 4 min
Miniature
Lutte contre le harcèlement scolaire
© AdobeStock
Légende

Lutte contre le harcèlement scolaire

Chapeau

Le Département travaille à un plan de lutte contre le harcèlement scolaire grâce à la Maison des adolescents et au tissu associatif : dans le cadre du PLC (Parcours laïque et citoyen), la LE&CGS (Loisirs Éducation et Citoyenneté Grand Sud) propose des séances de prévention contre le harcèlement scolaire dans les collèges du département. Film, jeux de rôle, réalité virtuelle… Tous les moyens sont bons pour lutter contre ce fléau qui touche 1 élève sur 10.

Corps v2

Quentin et Dounia ont une vingtaine d’années chacun, et un look d’ados qui met en confiance tous les élèves qu’ils rencontrent. Au sein de l’association LE&CGS (Loisirs Éducation et Citoyenneté Grand Sud), ils interviennent dans les collèges de Haute-Garonne pour mener des actions de prévention contre le harcèlement scolaire, dans le cadre du parcours laïque et citoyen. « À chaque fois que nous intervenons dans une classe, nous diffusons le film "Fais passer", que nous avons créé sur le harcèlement, et ensuite nous faisons réagir les collégiens », explique Dounia. « Une fois, un élève de 3e s’est "reconnu" tout de suite dans le film. Il a levé le doigt et m’a dit, moi aussi je suis harcelé ! Mais le plus souvent les collégiens ont du mal à identifier ce qui est du harcèlement ou pas, et même à reconnaître s’ils sont harcelés ou harceleurs. » Insultes et moqueries répétées, violences dans la cour, ou sur les réseaux sociaux derrière l’anonymat d’un écran…

La lutte contre le harcèlement a été déclaré grande cause nationale par l’Éducation Nationale en 2010. Pourtant le phénomène ne ne faiblit pas. Il toucherait aujourd’hui 800 000 à 1 million d’élèves en France, soit 1 élève sur 10. « Le manque de respect, certaines marques de violences dans les cours de collèges peuvent être propices à faire émerger du harcèlement », constate aussi Quentin, mais depuis le raz-de-marée des écrans et des téléphones portables, il se poursuit surtout en ligne en dehors du collège, touche tous les milieux, et il est bien plus difficile à repérer pour les parents et les enseignants.

Au cours de leurs interventions, Quentin et Dounia instaurent la confiance, « démontent » les mécanismes du harcèlement et ouvrent le dialogue. « Petit à petit les langues se délient, raconte Dounia, comme cette fois où une collégienne s’est mise à pleurer et a commencé à exprimer ce qu’elle ressentait devant toute la classe. On a comparé les histoires et parlé du groupe, certains ont pris conscience des effets du harcèlement. Mais attention, il ne s’agit pas de stigmatiser, plutôt de planter une petite graine pour que les choses changent », insiste la jeune femme. « Parfois je leur dis, si vous êtes très populaire et que vous assistez à une situation de harcèlement, pourquoi ne pas vous transformer en citoyen actif et engagé, prendre position (sans se mettre en danger) ? Du coup tout le monde se sent potentiellement responsable et capable d’intervenir pour stopper le cercle du harcèlement. »

Depuis 2002, la loi définit le harcèlement scolaire comme un délit spécifique. « Le harcèlement scolaire est constitué par des faits de harcèlement moral commis à l’encontre d’un élève par toute personne étudiant ou exerçant une activité professionnelle au sein du même établissement d’enseignement. Il peut s’agir de propos ou de comportements répétés, ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la personne harcelée se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale. La répétition peut être le fait d’un auteur ou de plusieurs auteurs, agissant de manière concertée ou non mais qui savent que leur action collective caractérise une répétition. » Un harceleur risque trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. En cas de cyber-harcèlement, l’outil peut être saisi et confisqué et le harceleur se voir imposer un stage de citoyenneté.

Alors que le cyber-harcèlement fait des ravages avec des vidéos de personnes harcelées, qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux, la LE&CGS (Loisirs éducation et Citoyenneté Grand Sud) proposera dès la fin de l’année, deux outils de prévention basés sur l'utilisation des smartphones et les réseaux sociaux. Le but ? Faire ressentir à tout le monde ce que ressent une personne harcelée sur les réseaux sociaux quand des milliers de likes s’affichent sur une rumeur la concernant. L’association travaille aussi à créer un jeu basé sur un court métrage avec plusieurs situations de harcèlement.