L'éducation et la culture, des leviers indispensables pour lutter contre la radicalisation Publié le
Date de publication
10 novembre 2020

Jean-Luc Laronce et Séraphin Alava
Séraphin Alava lors de l'enregistrement de sa conférence numérique "L'éducation pour faire face à la haine" (Crédits : Romain Saada)
Chapeau

Lors de sa conférence « L’éducation pour faire face à la haine », organisée par le Conseil départemental dans le cadre des Colporteurs du web, Séraphin Alava a livré son analyse sur les ressorts de la radicalisation et les moyens de faire face à cette menace.

 

Corps

Qu’appelle-t-on radicalisation ? Pourquoi un individu se radicalise ? Par quel processus et comment l’éviter? Alors que la France vient de nouveau d’être frappée par de nouvelles attaques terroristes, avec l’assassinat du professeur Samuel Paty et la tuerie de Nice, ces questions complexes continuent d’interroger« On bascule dans la radicalisation - qu’elle soit politique, religieuse, écologiste, sociale, raciste ou encore masculiniste - quand on a le sentiment qu’il n’y a plus d’autre issue que celle-ci pour faire avancer ses idées, indique Séraphin Alava, professeur des universités toulousain, spécialiste de la prévention de la radicalisation. On trouve aussi des formes d’embrigadement et d’enrôlement : on passe à la violence parce que d’autres nous y incitent ou parce qu’on a le sentiment de participer à un combat commun. »

Chaque citoyen a un rôle à jouer

En permettant de relayer les discours de haine et de violence, Internet et les réseaux sociaux - qui certes permettent  la liberté d’expression sans toutefois proposer de réels garde-fous en contrepartie – renforcent ces effets d’appartenance au groupe. « Internet ne radicalise pas mais c’est un espace de rencontres d’idées radicales », précise Séraphin Alava.

Selon lui, seules l’éducation et la culture peuvent permettre à un individu de distinguer liberté d'expression et liberté d'opinion, 
de comprendre qu’il a le droit d’avoir une opinion personnelle mais qu’il  ne peut l’exprimer que dans un espace démocratique sinon, c’est un délit. « On peut vouloir que sa religion soit respectée et défendue, mais elle doit l’être par des actions pacifistes. » Un rôle d’éducation dont chaque citoyen doit se sentir investi : « Il est nécessaire que nous sentions tous la nécessité de venir en aide à un jeune qui va basculer. »

 

Suivez la conférence de Séraphin Alava dès mardi 10 novembre à 19h