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Portrait : Bigflo et Oli

"Fiers d’être toulousains"

Ils auraient pu choisir de « s’exiler » dans la capitale, comme de nombreux artistes avant eux, mais ont préféré rester à Toulouse. « Un acte quasi militant », assument les deux frères rappeurs qui ont grandi dans le quartier des Minimes.

 

« Les gens sont surpris quand ils nous croisent dans la rue et qu’on leur dit qu’on habite ici. Comme si, une fois que tu avais réussi dans la vie, tu ne pouvais vivre qu’à Paris ! », s’amuse Florian, reconnaissable avec sa casquette vissée sur la tête. Avec Olivio, son frère de trois ans son cadet, ils forment le duo Bigflo et Oli qui enchaîne les succès depuis la sortie de leur premier album en 2015. Certains disent même qu’ils sont d’ores et déjà, à 23 et 26 ans, la relève d’I Am. « C’est le plus beau compliment qu’on puisse nous faire. On vient de cette école-là, celle qui allie le fond et la forme. On est fiers de pouvoir faire une musique populaire tout en faisant passer des messages qui nous paraissent justes. » Et qui parle à tout le monde.

Pas étonnant ainsi qu’ils aient raflé deux Victoires de la musique dans les catégories « artiste masculin » de l’année, devant Etienne Daho et Eddy de Pretto (excusez du peu),  et « album de musiques urbaines » avec La vie de rêve, leur dernier opus certifié disque de platine, seulement un mois après sa sortie. Pour l’anecdote, ils ont fait monter leurs parents – visiblement très émus - sur scène pour récupérer leur prix. « Pour remettre un peu d’humanité dans ce genre d’événements. » Pari réussi, l’émotion ayant gagné les deux millions de téléspectateurs.

 

On a commencé à la Dynamo, et on finit au Stadium : c’est énorme ! »

Les planètes semblent s’aligner pour Bigflo et Oli dont la prochaine grosse actualité se passera à Toulouse, les 24 et 25 mai prochains, pour deux dates inédites… au Stadium. Un événement de taille puisque ça n’était pas arrivé depuis… Mickaël Jackson il y a 25 ans ! « C’est un peu l’objectif ultime, le rêve de tout artiste toulousain », confesse Olivio. « C’est parti d’une blague, et puis c’est devenu réalité, ajoute Florian. Ça met la pression, bien sûr, parce qu’on ne veut pas décevoir notre public. »

Le travail ne s’arrête jamais : on n’enlève pas le blouson d’artiste quand on rentre à la maison

Depuis plusieurs mois, ils enchaînent les réunions de travail pour que le show soit à la hauteur de leurs attentes. Parce que Bigflo et Oli, ce n’est pas seulement deux jeunes rappeurs sympas qui viennent raconter des tranches de vie sur scène, c’est aussi deux bosseurs acharnés, qui s’investissent à 300% dans tout ce qu’ils font. Ils sont d’ailleurs coproducteurs avec les toulousains de Bleu Citron de leurs concerts au Stadium, ils réalisent leurs clips vidéos, gèrent leur image, leurs réseaux sociaux, etc. Ils ont créé une marque de vêtements baptisée Vision-naire, mais aussi un label sur lequel ils vont produire le nouvel album de leur père, Fabian Ordonez, qui avait ouvert le festival 31 notes d’été en juillet dernier à Paulhac.

Hyperactifs, les frangins ? « On se dit surtout qu’on a de la chance, que ce sont des moments précieux et… qu’on se reposera plus tard ! ». Ce ne sera pas pour cet été en tous cas, puisqu’ils prévoient d’enchaîner 19 festivals. Avant de se lancer un nouveau défi : celui de faire bouger Toulouse. « On a plein de projets pour marquer la ville, laisser une trace pour le futur. » On n’en attendait pas moins.

Page publiée le 21 juin 2019 - vérifiée le 21 juin 2019