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Un plan d'actions pour "bien vieillir"

Adopté par l’Assemblée départementale en octobre dernier après un an de concertation, le schéma départemental en faveur des personnes âgées définit 24 actions concrètes et ambitieuses. L’enjeu : mieux répondre aux besoins actuels et futurs.

En Haute-Garonne, une personne sur cinq est âgée de 60 ans et plus, et les projections annoncent 50 000 seniors supplémentaires d’ici 2030. Cette évolution démographique fait naître de nouvelles attentes et de nouveaux besoins. Un défi que le Département entend bien relever. Pour preuve : un nouveau schéma a été défini pour cinq ans (2019-2023) afin de prolonger, préciser et amplifier l’action menée en direction des seniors. « Plus de 1 100 acteurs associatifs et  institutionnels ont contribué à son élaboration, depuis le diagnostic jusqu’aux fiches-actions, souligne Véronique Volto, vice-présidente en charge de l’action sociale seniors. Le tout à l'issue de plusieurs « journées partenariales » pour débattre et proposer des idées, et de deux journées de « design de service* » avec les usagers d’une Maison des solidarités (MDS). Mais aussi grâce à une nouvelle instance consultative – le Conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie (CDCA) – constituée dès 2017 et associée à chaque étape. »


Adapter la société au vieillissement


Le plan d’actions contient plusieurs « idées-maîtresses », parmi lesquelles celle d’adapter la société (logements, transports, etc.) au vieillissement. Objectifs ? Rompre l’isolement, favoriser l’accès à la culture et les échanges intergénérationnels, mais aussi permettre aux personnes de vivre chez elles le plus longtemps possible et dans les meilleures conditions. Exemple avec la téléassistance 31, ce médaillon (ou bracelet) capable de donner l’alerte en cas de problème, pour vivre chez soi en toute sécurité. « Dès 2020, nous proposerons une offre complémentaire à l’offre de base qui restera gratuite. Cela permettra aux personnes, si elles font le choix, de rajouter à la téléassistance actuelle des options, par exemple des dispositifs de prévention et de détection des chutes », indique Pierre Suc-Mella, directeur général adjoint aux personnes âgées du Conseil départemental.


Diversifier les solutions entre domicile et établissement


Autre idée-clé : faciliter l’accès aux dispositifs existants pour les séniors, mais aussi pour leurs aidants, fluidifier le parcours de vie des personnes de 60 ans à la fin de vie grâce à la coordination gérontologique des acteurs du territoire, ou encore déployer des solutions alternatives au « tout » domicile et au « tout établissement ». « De nouvelles haltes-répit – dispositif qui permet aux aidants de marquer une pause dans l’accompagnement à domicile – s’ajouteront aux dix existantes, note Pierre Suc-Mella. Par ailleurs, 300 places en résidences-autonomie – ces maisons de retraite non médicalisées à vocation sociale – seront créées. » Dernier axe fort : une meilleure coordination des acteurs de l’offre sociale, médico-sociale et sanitaire afin d’offrir une couverture territoriale et une qualité de service optimales. Au total, en 2019, ce sont 171 millions d’euros qui seront consacrés à l’action gérontologique, dont 132 millions d’euros pour les 30 000 bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA).

Conférence sur les financeurs : cap sur la prévention

Pilotée par le président du Conseil départemental, la conférence des financeurs réunit chaque année, depuis 2016, différentes institutions (caisses de retraite, agence régionale de santé, etc.) autour d’un objectif : développer une stratégie collective pour prévenir la perte d’autonomie. Comment ? En identifiant des initiatives locales et, à partir d’un diagnostic précis des besoins et des attentes de chaque territoire, en leur apportant un soutien financier. « Nous disposons d’un budget de deux millions d’euros alloués par la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), et finançons chaque année une centaine d’actions, indique Véronique Volto, vice-présidente en charge de l’action sociale seniors. Il s’agit d’ateliers d’activité physique et adaptée, d'ateliers informatiques, de séances de sensibilisation aux questions de nutrition, etc. »


Un Département innovant


Des actions qui revêtent par ailleurs, bien souvent, une dimension innovante : en 2021, un bus restaurant itinérant ira, par exemple, à la rencontre des personnes âgées dans le but de leur offrir un lieu de convivialité tout en les sensibilisant aux questions de nutrition. « En France, nous avons tendance à privilégier le curatif au détriment du préventif, alors que les principaux risques de perte d’autonomie – inactivité, malnutrition, isolement social – sont connus, remarque l’élue. L’enjeu est donc de basculer dans une culture préventive, afin d’agir le plus tôt possible pour réduire le pourcentage de personnes dépendantes. » Et là encore, la Haute-Garonne fait partie des départements précurseurs. « Nous avons été un des premiers à nous engager dans cette logique, notamment via notre partenariat avec le Gérontopôle qui innove pour la santé de nos aînés. »

Page publiée le 10 décembre 2019 - vérifiée le 10 décembre 2019