DOSSIER

CUMA : s'unir pour mieux se développer Publié le
Date de publication
7 février 2019

CUMA
Les CUMA permettent aux agriculteurs de mutualiser leurs achats de matériel. (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Les Coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA) permettent aux agriculteurs de partager leurs moyens de production. Un levier de développement que le Département soutient et accompagne.

Corps

Comment acquérir du matériel agricole, de plus en plus onéreux, quand on est à la tête d’une exploitation de quelques hectares ? C’est à cette question épineuse que répond la CUMA. « Quand on se regroupe, on arrive à acheter du matériel performant et à travailler dans de meilleures conditions, avec un rendement plus important, précise Mathieu Solle, président de la Fédération départementale des CUMA de Haute-Garonne et lui-même agriculteur. Par exemple, si on se regroupe à une dizaine pour acheter une remorque dont on ne se sert chacun que quelques jours par an, l’investissement est beaucoup plus supportable. » Sans compter la dimension humaine, fondamentale.

« Le rôle des CUMA est bien sûr économique, mais pas seulement. Se retrouver pour discuter, trouver des solutions ensemble, se serrer les coudes, ce n’est pas quantifiable, mais c’est fondamental ! »

« Dans un contexte économique et climatique difficile, avec des aléas naturels qui se multiplient, les agriculteurs sont mis à rude épreuve. Appartenir à une CUMA est pour nombre d’entre eux le seul moyen de continuer à exercer. L’enjeu de notre soutien est donc d’assurer la survie de l’agriculture, de préserver une vie économique dans nos campagnes et un aménagement du territoire harmonieux. Il s’agit aussi, au travers de cet accompagnement, de favoriser l’agro-écologie, c’est-à-dire d’aider les agriculteurs à développer des pratiques toujours plus respectueuses de l’environnement. »

« Un lieu d’entraide et de solidarité. »

Jean-Paul Roumagnac

57 ans, vigneron et producteur de maïs semences, à Villematier.

« Grâce aux CUMA auxquelles j’appartiens – cinq au total – je m’acquitte d’une facture annuelle de 15 à 17 000 euros pour utiliser un matériel qui représente un capital d’au moins 500 000 euros ! Tout seul, je n’aurais pas cette capacité d’investissement et la viabilité de mon exploitation serait remise en cause. Mais au-delà de l’aspect économique, adhérer à une CUMA est aussi pour moi une philosophie : c’est une façon de privilégier l’entraide et la solidarité. Jouer collectif plutôt qu’individuel ! »

Jean-Paul Roumagnac
Jean-Paul Roumagnac, vigneron et producteur de maïs semences. (Crédits : Alexandre Ollier)

« Un rempart contre la crise. »

Georges Azam

62 ans, éleveur de veaux sous la mère, à Revel

« Je fais partie de la CUMA d’accueil de Revel depuis les années 90. Si cela n’avait pas été le cas, je n’aurais jamais pu traverser la crise de la vache folle. À l’époque, j’élevais une quarantaine de vaches mères, et grâce à cette coopérative, j’ai pu continuer à travailler à moindre coût et transformer mon élevage. Sans elle, je n’aurais pas eu les capacités économiques pour investir et rebondir. En situation difficile, la CUMA possède une trésorerie qui permet de passer la crise… »

Georges Azam
Georges Azam, éleveur de veaux sous mère. (Crédits : Alexandre Ollier)

« On sort la tête du guidon. »

Jean-François Delvallez

47 ans, éleveur de bovins, à Arlos

« Dans la CUMA d’accueil de Fos, nous sommes 29 agriculteurs et nous possédons pour 250 000 euros de matériel. Tracteurs agricoles, bennes céréalières, véhicules frigo pour la vente directe… Cette mutualisation nous permet d’utiliser du matériel très performant, ce qui est une chance pour chacun. Par ailleurs, les réunions sont toujours suivies d’un repas où l’on peut échanger, rire, se détendre, sortir un peu la tête du guidon… La CUMA, c’est un lieu qui renforce clairement les liens entre agriculteurs. »

Jean-François Delvallez
Jean-François Delvallez, éleveur de Bovins. (Crédits : Alexandre Ollier)

3 000 agriculteurs concernés

En Haute-Garonne, 135 CUMA adhèrent à la fédération départementale, ce qui représente environ 3 000 agriculteurs (soit près de la moitié des agriculteurs haut-garonnais). La taille des exploitations est très variable et le chiffre d’affaires moyen s’élève à 40 000 euros pour un parc de plus de 4 000 matériels d’une valeur d’achat de près de 40 millions d’euros.

« Nous faisons le choix de ne laisser personne au bord de la route car nous savons que pour beaucoup de petits agriculteurs, se regrouper est un moyen de pérenniser l’exploitation, c’est-à-dire une condition de survie », remarque Mathieu Solle. Des CUMA qui bénéficient toutes, par ailleurs, du soutien du Conseil départemental. « Notre engagement se traduit d’abord par une aide technique, indique Gilbert Hébrard, président de la commission agriculture du Conseil départemental. Nos 26 conseillers agro-environnement travaillent en collaboration avec les animateurs de la fédération pour apporter aux CUMA des conseils en matière de choix du matériel, de comptabilité, etc. »

Une aide financière conséquente

Mais cet engagement se traduit aussi par une aide financière. « Nous versons une subvention annuelle de 33 000 euros à la fédération au titre de l’aide au fonctionnement, précise Gilbert Hébrard. Et nous apportons une aide à chaque CUMA via une participation financière à l’achat de matériel agricole. » Une aide qui peut s’élever jusqu’à 15 % en fonction du matériel, avec une priorité donnée aux matériels destinés à l’élevage, au développement de l’agro-écologie et des circuits courts. De quoi permettre, chaque année, aux exploitants haut-garonnais de moderniser leurs pratiques tout en maîtrisant leurs charges.