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Pollinisateurs et apiculture

L'apiculture en Haute-Garonne
L'apiculture en Haute-Garonne (Crédits : Aurélien Ferreira)
Chapeau

Le déclin des pollinisateurs est aujourd’hui une réalité mondiale qui fait consensus. Suite aux constats d’une enquête territoriale lancée en 2019 sur l’apiculture en Haute-Garonne, l’Assemblée départementale a voté le 26 mai 2020 l'Acte II de la Politique de transition écologique du Département (2020-2024). Le 24 janvier, lors de la session du budget primitif 2023, l'Assemblée a voté la mise en place d'un plan Pollinisateurs et Apiculture en Haute-Garonne. 

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On constate un déclin des pollinisateurs autant chez les abeilles domestiques mellifères que dans l’ensemble des pollinisateurs sauvages. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) estime que 41% des espèces d’insectes seraient concernées et 31% d’entre elles seraient menacées d’extinction dans le monde, avec une perte annuelle qui avoisinerait les 1%. Les causes de ce déclin sont complexes et multifactorielles mais il apparaît notamment que la disponibilité et la qualité insuffisante des ressources alimentaires, la fragmentation des habitats, l’utilisation des intrants en agriculture accélèrent le phénomène.

En 2019, une enquête territoriale sur « l’Apiculture en Haute-Garonne » a été menée pendant une année auprès d’apiculteurs et de partenaires institutionnels et associatifs par un conseiller technique référent du Conseil départemental. Cette enquête a permis de quantifier et qualifier les difficultés rencontrées par la filière apicole départementale. Les principaux problèmes identifiés sont d’ordre sanitaire (développer la surveillance sanitaire, mieux sensibiliser les apiculteurs amateurs et les collectivités aux dangers sanitaires), environnemental (augmenter la régularité de la ressource (pollinifère et nectarifère) et la diversité des habitats pour les pollinisateurs dont les abeilles), et liés à la structuration de la filière (accompagner la structuration de la filière apicole départementale, améliorer les pratiques apicoles et développer des collaborations avec les agriculteurs du territoire).

Une présentation de l’enquête territoriale a été faite aux élus agricoles et environnementaux du département, aux 9 directions opérationnelles du Département concernées par la thématique (Directions de l’Agro-écologie, de la Transition écologique, des Routes, de l’Education, du Patrimoine, de la Logistique, de la Communication, ainsi que Haute Garonne Environnement et le Laboratoire Départemental EVA31), ainsi qu’à l’ensemble des partenaires extérieurs associés à l’enquête initiale (Groupement de Défense Sanitaire Apicole (GDSA 31), Syndicat d’Apiculture Méridionale (SAM), Syndicat des Apiculteurs d’Occitanie (SAO), Association de Développement de l'Apiculture en Occitanie (ADA), l'association Bee Friendly, Service Régional de l'Alimentation (SRAL) de la Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (DRAAF), Chambre d’Agriculture de la Haute Garonne (CA 31), Région Occitanie - service environnement). 

La mise en place de partenariats internes (groupes de travail) et externes (réunions d’interconnaissance, propositions d’actions, projets de partenariats techniques et financiers) ont ensuite permis de regrouper un ensemble de propositions pour pouvoir répondre collégialement aux enjeux identifiés.

Le plan départemental comporte 3 axes stratégiques.

Axe 1 : Protéger les pollinisateurs par un développement de leurs habitats et de leurs ressources alimentaires (13 actions)

La diversité des pollinisateurs dépend de la qualité et de la diversité des écosystèmes présents, dont les agroécosystèmes. Ainsi, le maintien ou la création d’une ressource alimentaire abondante et d’habitats diversifiés sont un enjeu majeur pour la sauvegarde des pollinisateurs. La restauration de la diversité biologique par un maillage écologique adapté permet la résilience des

écosystèmes dans un contexte de dérèglement climatique global et devient une assurance pour notre cadre de vie et notre santé. De par son périmètre de compétences, le département peut agir sur ses propres réserves de biodiversité (abords de voiries, espaces verts des collèges, délaissés de voiries, espaces naturels sensibles, mesures compensatoires, nouveaux projets routiers, foncier départemental…) mais également influer sur la biodiversité agricole via son action en faveur de l’agroécologie et de la résilience des exploitations agricoles face aux changements climatiques.

Le second enjeu crucial, pour protéger les pollinisateurs, consiste à prévenir les intoxications chroniques et les surmortalités subies par les colonies d’abeilles domestiques afin de prévenir efficacement les pertes de cheptel, notamment à la sortie hiver. Cela devra être couplé avec une réduction sensible du stress généré par les prédateurs extérieurs tels que le frelon asiatique. 

Axe 2 : Accompagner le développement de la filière apicole départementale (7 actions)

La filière apicole départementale est une filière d’élevage spécifique souvent considérée comme marginale par le monde agricole. Or, si son poids économique est restreint, son impact sur la production agricole est capital. La professionnalisation de cette filière rencontre de nombreuses difficultés en terme d’installation et de commercialisation des productions par manque de labellisation et d’une traçabilité effective, notamment sur les miels d’importation. La proportion très importante d’apiculteurs de loisirs pose également des problèmes de structuration de la commercialisation qui s’effectue essentiellement en circuit court, ce qui offre une valeur ajoutée significative, mais limite les quantités écoulées. A contrario, la grande majorité des apiculteurs professionnels écoulent leur production en gros et demi-gros auprès de transformateurs industriels ou de négociants qui offrent des prix très fluctuants en fonction des miellées. On notera aussi que l’adultération et la concurrence de miels étrangers sont également un problème récurrent que doit résoudre la filière pour proposer aux consommateurs des miels de qualité. Par ailleurs, le manque structurel de ressources alimentaires sur certains territoires départementaux incite les apiculteurs à mettre en place des pratiques zootechniques et sanitaires compensatoires, comme le nourrissement artificiel des colonies au sucre pour pallier aux disettes. Enfin, le manque d’interconnaissances entre les filières agricoles et au sein même des réseaux apicoles limite une coopération efficace et apaisée pour développer des projets en commun au bénéfice de tous. En effet, les pertes hivernales de ruchers varient de 20% à 30% en fonction des années.

Axe 3 : Sensibiliser, former, informer (11 actions)

Ces 3 axes sont déclinés en 31 actions : 18 nouvelles et 13 actions déjà mises en place par la collectivité depuis de nombreuses années pour la protection de la biodiversité au travers de ses différentes missions.

Ce plan acte également une collaboration étendue sur cette thématique entre les services internes au Conseil départemental et les partenaires externes dans le cadre de conventions techniques ou financières.

Dans le cadre du plan départemental en faveur des pollinisateurs et de l’apiculture, une newsletter saisonnière va être créée avec des conseils techniques, administratifs ou encore des actus sur l’apiculture.

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Face aux défis actuels liés au changement climatique et aux différentes crises, le Conseil départemental a fait le choix d’accompagner toutes les agricultures vers plus de durabilité, dans le respect de l’environnement, en promouvant des exploitations à taille humaine, de proximité et de qualité selon 3 axes majeurs :

  • Pour une transition vers des pratiques agro-écologiques, pour une agriculture plus résiliente et contribuant à la lutte contre le changement climatique.
  • Pour un service de proximité, permettant une réelle prise en compte de l’humain et une solidarité territoriale.
  • Pour une alimentation de qualité et de proximité, accessible à tous.

À travers son réseau de 26 conseillers agro-environnement et ses aides financières, le Conseil départemental s’engage ainsi au quotidien en faveur des pratiques Agro-écologiques en :

  • protégeant l’environnement pour mieux utiliser les interactions biologiques et leurs potentiels, en développant par exemple la biodiversité sur les exploitations (haies, bandes enherbées, agro-foresterie…) ;
  • maintenant l’élevage en plaine et en estive via le pastoralisme et en améliorant le bien-être animal ;
  • réduisant les intrants chimiques et les consommations d’énergie non renouvelable ;
  • préservant les sols vivants, en luttant contre l’érosion des sols et en protégeant leur fertilité ;
  • réduisant les consommations d’eau, d’intrants chimiques, de médicaments vétérinaires…
  • développant les circuits courts et des filières de proximité, ainsi que les produits de qualité, pour une alimentation de qualité et de proximité ;
  • développant une nouvelle politique en faveur des pollinisateurs et de l’apiculture.