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Caffe sola, un spectacle sur l'exil, la vie et l'espoir

Date de publication
Publié le 8 août 2022
Temps de lecture : 3 min
Miniature
Caffe sola de la compagnie Mano libre dans le cadre du Festival 31 Notes d'été
© Hélène Ressayres
Légende

Caffe sola de la compagnie Mano libre dans le cadre du Festival 31 Notes d'été

Chapeau

Le 7 août 2022, la compagnie Mano libre a joué "Caffe sola" à l'Abbaye de Bonnefont. Un spectacle joyeux et interactif qui rend hommage à l'immigration italienne des années 1960, et plus généralement au courage de toutes les femmes et les hommes confrontés à l'exil. Un thème cher au Conseil départemental et en lien avec la 25e édition du festival 31 Notes d'été, placée cette année sous le signe de la fraternité. 

Corps v2

« Caffe sola » retrace l’histoire de Maria, une jeune femme, fraîchement débarquée d’Italie : elle arrive en France, en Lorraine, pour fuir la misère et trouver du travail. Son mari et sa fille sont restés au pays, faute de papiers valides. Sa valise ne pèse pas lourd, elle ne sait ni lire ni écrire en français. Son café restretto ne convainc pas son concierge, monsieur Riou, mais elle le déride peu à peu avec sa joie de vivre, son accordéon, et, soyons honnête, la grappa du pays. Maria ânonne ses premiers mots de français grâce aux émissions qu'elle écoute à la radio, s'entête à parler italien à monsieur Riou qui n'y comprend rien, et surtout rêve, et grâce à ses rêves, fait apparaître sur scène les êtres chers laissés derrière elle. Attachante, Maria invente un langage fait de musiques et de chants de son pays natal pour dépasser la barrière de la langue et se faire un ami français, monsieur Riou.


Sur scène, la Compagnie Mano libre se résume à deux acteurs seulement, Antoinette Crémona et Franck Charron (et d’un technicien son en coulisse, Nicolas Sentenac). Mais quand les marionnettes s'en mêlent, c'est toute la famille italienne de Maria qui s'agite devant la pasta. Une cugina (cousine) du public est même invitée à partager leur repas. Jouant sur l'humour des quiproquos linguistiques, enchaînant théâtre d’objet, marionnettes, musique et théâtre d’improvisation, ce « Caffe sola » est un spectacle joyeux et interactif qui a ravi le public rassemblé à l'Abbaye de Bonnefont. À l’image de la joie de vivre qui, dans les souvenirs d'enfance d'Antoinette, animait les immigrés italiens malgré les blessures de l’exil.

Une histoire inspirée de l'enfance d'Antoinette Crémona

Née en France de parents immigrés italiens, Antoinette Crémona a toujours navigué avec bonheur entre les deux cultures. Adulte, elle comprend que son enfance est liée à un contexte, celle de l’explosion urbaine et industrielle des années 1960, qui exige une main d’œuvre étrangère. Elle s’intéresse alors au parcours de ses parents, et au processus d’intégration auquel sont confrontés tous les immigrés. Elle se souvient des insultes racistes, les « sales macaronis » endurés en serrant les dents. Mais elle se souvient aussi du dur travail à la mine, qui abolit les différences et rend les hommes solidaires. Et surtout, de la joie de vivre et de la force de la communauté italienne. C’est à eux, et à tous les femmes et hommes contraints à l’exil, qu’elle rend hommage à travers ce spectacle.

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