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REPORTAGE

MDA : Dans la peau d'un ado

Date de publication
Publié le 21 novembre 2022
Temps de lecture : 3 min
Miniature
Support Apcomm pour l'atelier Parents de la MDA
© CD31
Légende

Support Apcomm pour l'atelier Parents de la MDA

Chapeau

La Maison départementale des adolescents (MDA) accueille les jeunes de 11 à 25 ans, leurs familles et les professionnels qui travaillent avec eux. Depuis quelques mois, elle propose aux parents des ateliers d’expérimentations pratiques, en groupe, pour les aider à rétablir le dialogue avec leurs adolescents.

Corps v2

« Imaginez : nous avons à votre disposition une pilule pour rajeunir, mais il y a des effets secondaires : votre corps actuel va changer, vous allez prendre 20 cm, 20 kgs, devenir très maladroit, et si vous avez de la chance, les effets se dissiperont au bout de 2 ou 5 ans. Alors, qui la prend ? ». Face à la question posée par les animatrices, les visages se détendent. Faire revivre aux parents leur propre adolescence et leurs ressentis d’alors est l’un des leviers de l’atelier proposé par la MDA pour les aider à changer de perspective, alors que les crises avec leurs ados ont rigidifié les positions. Comme le rappelle Stéphanie Laborie, éducatrice spécialisée à la MDA : « Même s’il est parfois extérieurement aussi grand qu’un adulte, à l’intérieur, l’adolescent est un individu en pleine construction. Il est en apprentissage de tout, scolarité, relations sociales, relations affectives. C’est important que le parent ait ça en tête pour choisir ses batailles ». 

Des batailles, en effet, il y en a quand la vie de famille devient le terrain d’affrontements quotidiens. C’est en général ce qui conduit les parents à pousser la porte de la MDA, où ils peuvent bénéficier d’un accompagnement de six mois maximum. En complément de leur suivi individuel, et en fonction de leur situation personnelle, l’atelier en groupe leur est proposé si les professionnelles de la MDA estiment qu’il peut leur être bénéfique.

Tous les lundis (sauf vacances scolaires), pendant 6 semaines, les parents s’engagent à se réunir pendant 2h30 autour de thématiques spécifiques proposées par le tandem psychologue-éducatrice spécialisée : l'adolescence, la puberté, l’autorité, le cadre, l’estime de soi, la communication, etc. « Parents » au sens large, puisque, s’ils ont un rôle parental dans la vie de l’adolescent, les beaux-parents peuvent également se joindre au groupe. « Au sein du groupe, les parents se sentent moins seuls. Leur estime parentale est mise en difficulté, et dans le cadre bienveillant de l’atelier, ils observent que leur ressenti est juste, que quelque chose est désajusté. Ils sont fragilisés, mais par l’écoute et l’échange, ils retrouvent confiance en leurs compétences parentales et c’est l’un de nos principaux objectifs » ajoute la psychologue Elena Garrido-Moore.

Alors que s’ouvre le cinquième cycle d’atelier, les retours des parents sont très positifs. Comme en témoigne Valérie, mère de deux adolescents de 14 et 17 ans : « Il n’y a pas de mode d’emploi quand on est parents d’adolescents. En temps normal, on doute beaucoup et on manque de recul. Grâce à ses séances, j’ai pu relâcher la pression et mieux communiquer avec mes deux ados. J’ai pu reprendre confiance et la famille a gagné en sérénité ! ».

Pour mener l’atelier, Elena Garrido-Moore et Stéphanie Laborie s’appuient sur une méthode ludique et scientifique mise au point par Sophie Benkemoun, médecin, et Nadège Larcher, formatrice en communication bienveillante, Apcomm. Les supports, visuels et graphiques, offrent des propositions de mises en scène du quotidien facilement identifiables pour les parents et des jeux de rôle pour entrer dans la peau de leurs adolescents. Avec en sus, un livret pour les parents et des « clés », des solutions pour remplacer les punitions inutilement humiliantes par des « conséquences éducatives », sorte de rappels à la règle, plus adaptés et plus constructifs. Une approche bienveillante et déculpabilisante qui fait dire à l’un des membres du groupe : « Après le boulot, l’atelier, c’est comme aller au sport. On a la flemme, mais quand on sort, qu’est-ce qu’on se sent bien ! »