À La Téoule, le défi était de taille : photographier des personnes dont le handicap limite souvent la communication verbale. Sa méthode ? Se fondre dans le décor. Entre les moments forts — comme la préparation du carnaval ou de la chasse au trésor avec des usagers du Centre communal d’action sociale de Revel — et les longues minutes silencieuses dans les espaces de l’habitat partagé, l’artiste a su se faire oublier pour mieux capter l’essentiel.
« On se comprend par les gestes, par le regard », confie-t-il avec tendresse. Dans ce lieu qu’il décrit comme une oasis de quiétude malgré les souffrances, il a d’ailleurs tissé des liens forts avec ses modèles, d'Oussama à Christelle, en passant par Adrien, Simon, Sophie ou Flo.
Fidèle à l'esprit de la Semaine des cultures urbaines, ce projet ne se limite pas à la photographie pure. Sous l’impulsion de Younès Farhi et de l’artiste plasticien Kali, les résidents ont pris part au processus créatif. Deux clichés ont été retravaillés collectivement : à l'aide de bombes, de pochoirs et de peinture acrylique, les locataires ont transformé la photo en œuvre d'art urbain.
Pour certains, comme Simon, Adrien ou Oussama, l'expérience a été une véritable révélation créative, permettant de dépasser les peurs et de libérer une expression graphique spontanée.
Pilotée par le Conseil départemental de la Haute-Garonne, cette action s'inscrit dans une politique volontariste visant à visibiliser le handicap et à soutenir les nouveaux modèles d'habitat inclusif. En finançant cette résidence, la collectivité réaffirme également son soutien aux artistes du territoire tout en favorisant l'accès à la culture pour tous.
La vingtaine de clichés produite sera dévoilée au public lors du vernissage le 28 mai et visibles au tiers-lieu La Téoule jusqu’à fin juin 2026.