REPORTAGE

« Paroles d’ados », un atelier pour permettre aux jeunes de mettre des mots sur les maux Publié le
Date de publication
19 octobre 2021

Alexandre - atelier paroles d'ado
Grâce à l'atelier, Alexandre, 18 ans, a pu s'exprimer à travers ses oeuvres et créer du lien avec d'autres jeunes. (Crédits : Alexandre Ollier)
Chapeau

Depuis 2015, la Maison des solidarités (MDS) Toulouse-Centre propose à des adolescents en « difficultés  multiples », de participer à un atelier d’échange et de création, un mercredi après-midi par mois.

Corps

« La seule règle, c’est le respect ! Pour le reste, ils sont libres. » Joëlle Reix, psychologue à la MDS Toulouse-Centre et porteuse du projet, plante le décor d’emblée. C’est elle qui a eu l’idée, il y a six ans, de créer ce projet original. « À l’époque, nous recevions beaucoup d’ados déscolarisés, en fugue, qui refusaient toutes les prises en charge possibles. Les collèges nous alertaient, les parents témoignaient de leur impuissance auprès des assistantes sociales de secteur, se souvient-elle. L’idée est alors venue d’inventer un atelier qui ne soit pas trop formel ou contraignant. » Un endroit « à eux », en somme, qui ne ressemble ni à l’école, ni à la maison… Les adolescents, âgés de 12 à 18 ans, arrivent (et repartent) à l’heure qu’ils souhaitent, peuvent parler ou non, s’asseoir ou pas, mettre de la musique sur un ordinateur (sans porter de jugement sur celle que les autres choisissent) et participer (ou non) aux ateliers créatifs qui leurs sont proposés.

S’exprimer en créant

Alexandre, 18 ans, raconte : « Ça m’a apporté que du positif. J’étais déscolarisé, je m’ennuyais. Et ça m’a permis de créer du lien avec d’autres jeunes dans un contexte différent de l’école et en créant des œuvres. » Car le but est bien celui-là : « Impulser des idées d’activités, pour aider les ados à s’exprimer, à dire ce qui les traverse et à se réinscrire dans une pulsion de vie positive », explique Joëlle Reix. Et bien que les parcours soient souvent chaotiques – « les réticences sont fortes, il faut parfois du temps pour que ça marche », précise la psychologue – les résultats sont là.

Exemple avec la réalisation d’un film : 1h12 d’interviews d’ados entrecoupées de scènes de groupe « captées » lors de l’atelier. Mais aussi une série de photos prises dans le métro, des tags réalisés sur un mur de la ville, des œuvres créées à partir de fils de fer, des réalisations graphiques avec du fusain, des « murs de mots » et l’écriture d’une chanson. Un bouillonnement salutaire ! La preuve avec Inès*, 14 ans : « Participer à ce groupe, ça me libère. Quand je ne suis pas d’humeur, il est là pour me remonter le moral. »

 

*Le prénom a été modifié