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Transition écologique : le Département parie sur les mobilités douces Publié le
Date de publication
21 mars 2022

Le Conseil départemental favorise les déplacements alternatifs au "tout voiture".
Le Conseil départemental favorise les déplacements alternatifs au "tout voiture". (Crédits : Aurélien Ferreira)
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Face à l’impact considérable des transports sur les émissions de gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique, le Conseil départemental s'engage dans une politique volontariste, afin de développer les mobilités douces. Fers de lance de cette politique : les aires de covoiturage et les Réseaux express vélo (REV). Sans oublier le soutien aux grandes infrastructures et le réseau cyclable touristique et de loisirs.

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D’ici à 2025, le Conseil départemental de la Haute-Garonne financera, à hauteur de 53 millions d’euros, la création de sept voies cyclables rapides et sécurisées, les Réseaux express vélo (REV), tout autour de l’agglomération toulousaine. L’ambition des REV est de faire du vélo une véritable alternative pour les trajets domicile-travail. Ces futurs aménagements permettront de relier des secteurs de la périphérie toulousaine à forte congestion automobile au centre de Toulouse. Un investissement du Département qui fait écho à l’engouement de plus en plus palpable des Haut-Garonnaises et Haut-Garonnais pour les mobilités douces. Une deuxième phase d'étude va être engagée pour réaliser une nouvelle tranche de travaux à hauteur de 47 millions d'euros. Pour rappel, l’élaboration et le tracé de ces équipements ont été et continueront d'être discutés et débattus dans le cadre de réunions de concertation publique, réunissant notamment les futurs usagers et la population. Les REV répondent tout autant au défi écologique qui nous est collectivement posé qu’à un enjeu économique, car ils permettent de favoriser le pouvoir d’achat des familles.

Des aires de covoiturage pour tous les Haut-Garonnais

Deuxième grand pilier de l’engagement du Département en faveur des mobilités douces : les aires de covoiturage. Depuis 2017, ce sont 38 aires de covoiturage qui ont été aménagées en Haute-Garonne. 25 nouvelles aires sont en cours de déploiement. Quinze seront mises en service cette année, pour un budget prévisionnel de 1,5 million d'euros. L’objectif est de créer 2 000 places de covoiturage d’ici à la fin du mandat pour un montant de 10 millions d’euros. Pensées pour coïncider avec les besoins et les flux de déplacement des habitants, elles se décomposent en aires structurantes, situées à proximité de grands axes routiers ou de mobilités douces (vélo, piéton) et renforcées par des interconnections de transports en commun ; en aires intermédiaires implantées à des endroits stratégiques du territoire ; enfin en aires secondaires qui maillent l’ensemble du département et permettent la pratique du covoiturage pour tous les Haut-Garonnaises et les Haut-Garonnais.

Tourisme apaisé et durable

Dernier volet de développement et d’investissement de la collectivité en faveur des mobilités douces : la consolidation d’un réseau cyclable touristique. C’est l’occasion pour le Département de défendre un tourisme apaisé, durable et faible en émission de gaz à effet de serre. Adossés aux itinéraires d’intérêt départemental comme les Réseaux express vélo, ces circuits de découverte du patrimoine, des produits locaux, des artisans, pour grandes aventures ou petites escapades, se nomment : canal des Deux Mers à vélo (V80), Via Garona reliant Toulouse à Saint-Bertrand-de-Comminges, TransGarona, parcours cyclable transfrontalier reliant Toulouse à l’Espagne, ou Véloroute du Piémont pyrénéen (V81).

Bernard Caillet, Président de l’association Coordination circulation sud-est (CCSE), et participant à la concertation publique pour le projet de REV Labège-Escalquens

« Je fais du vélo depuis que je suis tout petit. Je parcours entre 5 000 et 8 000 km par an, pour mes déplacements quotidiens mais aussi pour faire du tourisme. Ce mode de déplacement est à la fois bon pour le moral, car il permet de nous évader l’esprit, tout en étant bon pour la forme physique. Je suis très engagé pour le développement d’itinéraires cyclables auprès des collectivités, et je suis très satisfait de participer à la concertation menée par le Département autour du projet de REV Labège-Escalquens. Nous avons fait des propositions d’amendements et avons été écouté, notamment pour la sécurisation des ronds-points. »

Martine Charpenteau, membre de l'association 2 pieds, 2 roues, antenne de Ramonville

« Je suis une cycliste du quotidien ; j'utilisais le vélo pour aller au travail, et je l’utilise toujours aujourd’hui pour faire mes courses ou aller en centre-ville de Toulouse. Je pratique également le cyclotourisme pour mes vacances. Le vélo, c’est pratique, économique et ça maintient en bonne santé ! J’ai participé à la concertation pour le REV Labège-Escalquens, et en tant que représentante de 2P2R, j’ai défendu les critères suivants : continuité des itinéraires, sécurité, confort, convivialité et service, lisibilité. Beaucoup d’idées ont été apportées, je suis désormais impatiente de voir la suite ! »

Boris Kozlow, président de l'association 2 pieds, 2 roues

« Nous agissons pour le développement de l'usage de la bicyclette et de la marche à pied au quotidien sur Toulouse et son agglomération. Nous intervenons régulièrement auprès des collectivités pour porter la voix des piétons et des cyclistes dans tous les projets liés à la mobilité. Nous avons notamment formulé des propositions dans le cadre du Schéma directeur cyclable d’agglomération, élaboré par Tisséo et auquel sont associées des collectivités dont le Conseil départemental, qui a voté une enveloppe de 53 millions d’euros pour financer cinq lignes du Réseau express vélo (REVe). La mise en place de ce réseau cyclable, qui doit allier sécurité et confort pour ses usagers, représente un vrai saut qualitatif et devrait inciter de nombreux Haut-Garonnais à prendre leur vélo au quotidien, en particulier pour effectuer leurs trajets domicile-travail. Une grande partie de la population est prête à changer ses habitudes, il faut profiter de cette dynamique ! »

Boris Koslow
Boris Koslow (Crédits : Alexandre Ollier)

Roger Faucanié, utilisateur de l'aire de covoiturage de Garidech

« J’habite à Montjoire et je pars travailler chaque jour à Albi. Depuis 18 ans, je fais la route en compagnie de quatre collègues, qui habitent sur le trajet, et je laisse ma voiture à Garidech le long de la RD 888 près de l'A68. J’utilisais donc l’aire de covoiturage bien avant qu’elle n’existe officiellement ! Avant son aménagement par le Conseil départemental en septembre 2019, c’était une sorte de parking sauvage. On se garait sur l’herbe, entre les platanes. L’hiver, avec la boue, ce n’était pas simple ! Mais cela nous évitait de nous retrouver chacun dans une voiture sur l’autoroute, pour parcourir près de 70 kilomètres ! Économiquement, le covoiturage est très avantageux, et dans la voiture, on peut discuter et se détendre. Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir une belle aire de covoiturage bien ombragée – car les arbres ont été conservés – et où chacun peut trouver de la place. »

Roger Faucanié
Roger Faucanié (Crédits : Aurélien Ferreira)

Michel Fontayne, président du Comité départemental de la fédération française de cyclotourisme (Ffvélo)

« En Haute-Garonne, la FFVélo rassemble plus de 2 000 adhérents dans 47 clubs pratiquant le vélo de route ou le VTT. Notre rôle est d’harmoniser les activités proposées, d’organiser des concentrations et des randonnées tout au long de l’année. Ces événements peuvent rassembler jusqu’à 300 participants ! Pour que le cyclotourisme puisse continuer de se développer en Haute-Garonne, il est essentiel d’aménager partout des pistes cyclables ou des voies à faible circulation automobile. Le Conseil départemental inaugure régulièrement depuis quelques années de nouveaux tronçons, le long de la Garonne notamment, ou encore dans le Piémont pyrénéen. Les anciennes voies ferrées réhabilitées, notamment, sont très appréciées des amateurs ! Il faut également penser à la sécurité des cyclotouristes. Le Conseil départemental nous a entendu et a débuté l’installation de panneaux « Dépassement 1,50m » sur certaines routes du territoire. »

Michel Fontayne
Michel Fontayne (Crédits : Alexandre Ollier)

Transports de demain : le Département répond présen

Outre les aires de covoiturage et les Réseaux express vélo, le Département participe activement aux grands projets structurants pour sécuriser et moderniser les équipements et faciliter les déplacements des Haut-Garonnaises et des Haut-Garonnais sur le territoire.

Dans le cadre du Plan de déplacement urbain (PDU), avec 201 millions d’euros engagés, le Conseil départemental de la Haute-Garonne prend toute sa part dans la politique de développement des transports en commun dans la métropole toulousaine, soit un million d'habitants concernés. Dans ce dossier, le Département accompagne, hors compétence obligatoire, la 3 e ligne de métro Toulouse Aerospace Express (à hauteur de 102 millions d'euros), la connexion de la ligne B de Ramonville jusqu’à Labège (65 milions d'euros seront apportés par le Département), le développement du réseau Linéo Toulouse/Périphérie, ainsi que la ligne express en direction de l’agglomération du Muretain.

En première ligne, la collectivité l’est aussi quand il s’agit de faire aboutir les grands projets structurants, à l'instar de la Ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse qui permettra de relier Toulouse à Paris en 3h10 contre 4h20 actuellement. Le Département contribuera à ce grand projet à hauteur de 534 millions d’euros en se positionnant ainsi comme le deuxième financeur d’Occitanie de la LGV. Un investissement majeur qui permettra de relier Toulouse au réseau européen de la grande vitesse, au carrefour de l’Europe du Nord, de l’Est et du Sud.