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DISPO, un programme pour l’égalité des chances avec le soutien du Département

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Les élèves de Louisa Paulin partie prenantes de DISPO et leurs enseignantes Hélène Ressayres/CD31
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Porté et mis en œuvre par Sciences Po Toulouse, le programme DISPO, labellisé Cordées de la réussite, s’est donné pour mission de briser le plafond de verre qui pèse sur de nombreux parcours scolaires. Son objectif ? Révéler le potentiel et accompagner les élèves confrontés à des freins multiples — qu'ils soient d'ordre économique, social, familial, culturel, territorial, ou liés au genre et aux situations de handicap. Autant de barrières qui empêchent de se projeter dans l’enseignement supérieur, parce que personne dans sa famille n’a eu le bac ou n’a poursuivi ses études. En agissant dès la classe de 4e, le dispositif s'attache donc à déconstruire ces biais pour préparer au mieux ces jeunes à l'accès à l'enseignement supérieur.

Soucieux d’épauler cette démarche en faveur de l’égalité des chances, le Conseil départemental de la Haute-Garonne a accordé son soutien financier à DISPO à hauteur de 21 000 euros. En 2025-2026, 1400 élèves, venus de toute l’Occitanie, dont 200 en Haute-Garonne ont été accompagnés. Les élèves haut-garonnais proviennent de sept collèges (Armand Latour à Aspet, Voltaire à Colomiers, Louisa Paulin à Muret, Leclerc à Saint-Gaudens, George Sand, Jeanne et Jean-Philippe et Stendhal à Toulouse). 

Comme chaque année, les élèves de 4e ont travaillé à raison d'une heure par semaine en groupe sur la thématique "Genre et orientation". L’action, co-construite avec les établissements, vise à déconstruire les représentations des élèves sur les caractéristiques genrées des métiers. Les collégiens ont dû dégager une problématique, mener des recherches documentaires, puis construire une production finale présentée à l'oral, et ce en totale autonomie. Quant aux élèves de 3e, la thématique change chaque année et en 2025-2026, c’est « Rêver » qui a été proposé. 

Depuis six ans, le collège Louisa Paulin à Muret est partie prenante de DISPO. Parmi les élèves de l’établissement impliqués, Coline en classe de 4e. La collégienne, qui a travaillé sur les inégalités liées au genre dans les matières scientifiques, dresse un bilan très positif de son expérience : "Ça nous a fait réfléchir sur un sujet qui est tabou. Moi, ça m'a donné encore plus envie de poursuivre mes études. Plus tard, je voudrais faire du droit de la famille." 

Son camarade, Anatole, également en 4e et qui se projette comme futur ingénieur automobile, retient quant à lui la force du collectif : "Le format de travail est super, on peut bosser en autonomie et on a des retours des professeurs et des tuteurs de Sciences Po. Ça permet de prendre conscience de sujets très actuels, comme les inégalités dans le monde du travail."  Même son de la part de leur enseignante de lettres, Carole Recht : « Notre collège s’est inscrit dans le programme car il compte des élèves venant de milieux défavorisés ou qui se freinent en termes d’ambition. Cette année, 25 élèves, de 4e et de 3e, ont participé. Chaque année, nous sélectionnons des adolescents sérieux et volontaires pour les pousser vers des études supérieures, et notamment les boursiers et ceux issus des quartiers prioritaires.

Le succès de DISPO repose en grande partie sur son système de tutorat. Tout au long de l'année, des étudiants de Sciences Po Toulouse se sont déplacés à trois reprises, en binôme, dans les collèges partenaires pour accompagner les élèves, partager leur expérience et démystifier l'accès aux études supérieures.

Étudiante en 5e année à Sciences Po Toulouse, Morgane Audouit participe au dispositif depuis son entrée à l’école. Elle témoigne : « En première année, des services civiques nous ont présenté ce dispositif en amphi. Cela m’a permis de découvrir les programmes d’égalité des chances que je ne connaissais pas. Je suis d’abord intervenue en lycée. L’écart d’âge avec les jeunes étant très faible, je me suis vraiment identifiée à eux, partagé leurs doutes et leurs espoirs aussi. En 2025-2026, c’était ma première fois avec des collégiens à Muret. J’ai été surprise par leur maturité et leur maîtrise des concepts. S’ils sont encore jeunes pour penser orientation et rêves professionnels, ce fut quand même l’occasion de leur servir d’exemple pour qu’ils ne s’interdisent rien. »

Olivier Philippe, enseignant chercheur et responsable du programme DISPO à Sciences Po Toulouse, constate avec fierté la pérennité de ce lien, vingt ans après le démarrage du programme : " L’objectif premier est d’éveiller leur appétence pour les études supérieures, en articulation avec les rectorats et les équipes des collèges, pas forcément de recruter pour notre école. Mais il s’avère que certains élèves qui ont été tutorés par le passé ont intégré Sciences Po, puis sont devenus à leur tour tuteurs, voire services civiques pour le programme. Cette année, nous avions 270 tuteurs sur les 600 étudiantes et étudiants que compte Sciences Po Toulouse, c’est donc très structurant chez nous."

Le point d'orgue de ce travail annuel s'est tenu le 1er et le 2 juin 2026 à l’Hôtel du Département. Lors de ces deux journées intitulées "Tête de l'emploi", les collégiens de 4e ont présenté leurs projets et leurs productions scéniques devant leurs pairs, leurs enseignants et les équipes de Sciences Po. Quant à ceux de 3e, ils ont présenté leurs travaux au musée Soulages à Rodez. Des moments forts pour clore de manière concrète et valorisante une année d'investissement collectif.

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